Religion

Si François a mal parlé, montre-lui…

Comme sans doute beaucoup de catholiques, je dois avouer avoir été surpris et quelque peu décontenancé par la toute récente saillie du Pape François. Même s’il nous a désormais habitués à ces conversations à bâtons rompus avec la presse qui sortent de l’ordinaire pontifical, ses propos, qui paraissent d’une part relativiser le fondamentalisme musulman en soulignant leurs vis-à-vis chrétiens, d’autre part expliquer ce fondamentalisme par un terrorisme plus grand encore – le capitalisme – ont de quoi surprendre plus d’un.

Mais après tout, n’est-il pas là précisément pour nous surprendre ? Les apôtres eux-mêmes l’ont été plus d’une fois. J’avoue d’ailleurs me méfier de ces catholiques qui emboîtent systématiquement le pas du Pape, quel qu’il soit, comme s’il ne les dérangeait jamais, distribuant les mauvais points aux malheureux qui se poseraient des questions : trop fachos, trop libéraux, athées pieux… Le frère aîné du fils prodigue a engendré une féconde descendance. Elle me fatigue.

Avant de tenter de comprendre, j’ai prié, afin que ma conscience se pose et s’aligne avec le loyal soutien que je dois au Souverain Pontife.

D’un côté, le déferlement de ce que la presse appelle désormais la fachosphère se répandant en tweets et posts Facebook. Ces gens-là, rendus plus nombreux depuis que la déjà relative exigence des blogs a cédé la place aux inutiles et faciles petits télégrammes de 140 caractères, ont jeté depuis longtemps la triple passoire de Socrate aux oubliettes.

De l’autre, un Pape dont on peut supposer que, malgré la fatigue des JMJ, malgré sa facilité à se répandre de façon parfois incontrôlée, que cela soit feint ou non, ses propos ne sont pas distribués au hasard, sans réflexion préalable, sans disposer d’informations que j’imagine encore plus complètes que nos internantes compulsifs.

Mon choix fut rapide.

Alors quoi ? Que devions-nous attendre d’un Pape ? Qu’il se mue en chef de guerre ? Qu’il ajoute de l’alcool à brûler sur un foyer déjà ardent ? Mais tout le monde s’accorde déjà à dire, tellement elle est évidente, criante, que le christianisme et l’Islam ne connaissent, aujourd’hui, absolument pas les mêmes défis. Seulement, son rôle n’est pas de répéter les évidences, mais de nous mettre en garde contre nos propres fondamentalismes qui, s’ils ne menacent pas la vie d’innocents, menacent notre salut. Si vraiment, pour nous chrétiens, nous sommes sur le bon chemin, il est normal d’être plus exigeant avec nous-mêmes qu’avec les autres, nous qui avons reçu la grâce de la foi et du baptême.

Quant au terrorisme du Dieu Argent, là encore la position de François ne doit pas nous surprendre : elle est en droite ligne avec ses opinions connues de longue date, mais également les Evangiles. Ce lien établi par François peut surprendre. Il peut être discuté, approfondi, nuancé. Mais est-ce vraiment excuser Hitler ou Staline que de tenter de souligner ce qui les a fait naître ? Qui nierait que le chaos mondial est bien souvent né d’un système devenu fou ?

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