Dans ma hutte

What’s new, pussycat ?

La source de l’envie première se tarit, la répétition des sujets lasse, la question de l’utilité finale est posée avec une insistance croissante, la paresse vient à bout de la discipline imposée, les discussions, les mentions, les backlinks, les débats asynchrones qui faisaient le charme – et parfois le péché mignon – des chaînes de billets laissent la place aux discussions sommaires égrenées sur Facebook et Twitter… et l’on en vient, un jour, à fermer son blog.

Pour respirer, bien sûr. Mais aussi se rappeler qu’il existe aussi des lieux de débat IRL, se rappeler aussi que le débat n’est peut-être pas la seule activité féconde.

Tout ceci serait plus définitif si on fermait également ses comptes Twitter et Facebook, si les polémiques n’arrivaient pas « IRL » (in real life) quasiment épuisées par leur vie en ligne. Car c’est ça qui nous tient connectés : les informations, les rumeurs, leurs démentis, les hoax, les buzz, et, parmi tout ceci, quand on est plutôt bon pêcheur, les bonnes informations, celles qui n’arrivent que trop tard à la radio ou dans les journaux, jamais dans les chaînes de mail complotistes et trop rarement dans les dîners en ville : tout est en ligne, avant.

Oui, mon cher ami, j’ai vu l’information que tu as reçue par mail hier. Sur Twitter il y a une semaine. Et on s’en moquerait bien si je n’y avais vu, quelques heures après, sa réfutation. Celle qui n’est jamais parvenue jusqu’à toi. Car tu as les adresses email de ceux qui te ressemblent. Quelle est la probabilité que tu reçoives des mails de ceux avec lesquels tu ne partages rien ? Moi non plus, d’ailleurs, je ne partage pas grand-chose avec beaucoup d’internautes. Je ne connais bien souvent ni leur nom, ni leur visage. Sauf si, par hasard, nous prend l’envie de prendre une bière pour nous ouvrir à des dimensions que notre réel se refuse trop souvent à nous offrir parce que nous sommes ainsi, grégaires, communautaires, qu’il convient de ne pas trop se mélanger pour les convenances, parce que le temps nous manque, aussi.

Internet abolit l’espace, envoie valser les convenances. On peut se parler, sous le manteau, sous pseudo. On teste, on essaie d’en savoir plus. Et peut-être – ou peut-être pas – creusera-t-on davantage.

Il nous faudrait toujours agir ainsi ? Bien sûr, mais nous ne le faisons pas. Alors contentons-nous parfois de ce que le progrès, ce concept qu’il est si fashionable de décrier, peut nous offrir.

Vision idyllique d’Internet ? Nullement. On peut aimer la ville et ne rien ignorer de ses bas-fonds. On peut chérir la mer et connaître par cœur ses histoires sordides, tragiques et sanglantes. On peut aimer malgré.

Voilà pourquoi je n’ai jamais déserté totalement Internet. Blogueur mort, ainsi que certains me présentèrent facétieusement, mais avec mon assentiment ? Non, blogueur pauci-relationnel, pour tenter de sourire un peu de l’actualité, donc blogueur vivant et toujours là.

Blogueur souvent énervé, pas d’accord, avec certains billets ou posts de ses frères. Blogueur parfois un peu triste de ce que la cathosphère est devenue : arrogante, aimant à ironiser et ridiculiser les brebis perdues sous couvert de défendre de belles causes, mais omettant (parfois avec orgueil !) de creuser son sujet avant de parler. Militante, n’hésitant pas à revendiquer les armes et méthodes de ceux qu’elle combat, au nom d’un réalisme dont le cynisme masque assez mal le manque récurrent de résultats. Sociétale, se préoccupant parfois bien plus de commenter le monde que d’annoncer Dieu. Fourbe même, parfois, quand sont utilisées des armes lâches pour faire taire un frère dans le Christ.

Ne jouez pas les offusqués, j’ai aussi embrassé certains de ces travers. A force, on se prend au jeu. Jusqu’à l’écœurement. Et jusqu’à l’apprentissage d’une certaine forme de modestie.

Et pourtant, comme vous le voyez, je reviens. Quitte à rester sur Twitter et consorts, autant éviter que le temps passé y soit perdu.

Dernier aveu et vous saurez tout. Ces derniers mois, j’ai aussi caressé l’espoir de pouvoir changer de trajectoire professionnelle et de pouvoir, enfin, fusionner mes centres d’intérêt. Le temps passant à la vitesse que vous imaginez quand on a un travail, une famille avec la carte SNCF qui va bien et quelques engagements en sus, le projet fut mis en sommeil et je m’oriente donc vers une poursuite d’activité qui me contraindra à continuer à cloisonner ma vie.

Ainsi, le blog est, aussi, un moyen de rester un peu parmi vous et de ne pas me couper de la cathosphère – et par extension, des zinternautes. Oui, même en boucle, vos débats sur la foi, l’Église, l’économie, l’identité, le genre, le sexe, la liturgie, la politique, continuent de me pousser, inexorablement à rafraîchir ma timeline. Parce que vous, twittos frénétiques qui m’avez aidé, jadis, à bâtir mon petit lectorat, vous m’apportez encore plus que vous m’énervez.

J’en vois au fond qui rigolent, connaissant depuis longtemps ma prompte propension à ouvrir, fermer et déménager. Blog collectif… ou individuel… Tumblr…

Ils ont raison. On verra.

Et puis, définitivement, je préfère WordPress.

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